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mercredi 21 janvier 2026

Papier vs images qui bougent : The War de Garth Ennis et Threads de la BBC, même combat ?

  

Parfois, pour captiver son public il faut savoir user de moyens radicaux. Garth Ennis le sait et lorsqu'il faut avertir sur les conséquences désastreuses d'un conflit thermonucléaire généralisé, il n'y va pas par quatre chemins ! 

Garth Ennis (scénario) et Becky Cloonan (dessin), La Guerre, Urban Comics, Paris, 2025.

Threads, Mick Jackson, Royaume-Uni, 1984.

L’histoire commence un soir comme un autre dans un appartement new-yorkais. Un groupe d’amis discute de la guerre, celle qui se déroule de l’autre côté de l’océan en Ukraine. Des avis sont exprimés, des opinions s’affrontent. La crainte d’une escalade, d’une extension du conflit sont formulées. La peur d’un conflit nucléaire généralisé vient faire planer le doute. L’un des amis se veut rassurant : « Chaque fois qu’on a frôlé la catastrophe par le passé, la raison l’a emporté. Personne ne serait assez fou pour annuler dix mille ans d’existence humaine. » On change de sujet, la soirée se termine. Durant la nuit qui suit, Londres est oblitérée par une frappe nucléaire russe…

La Guerre est un récit paru aux Etats-Unis sous forme de feuilleton dans le comic-book Hello darkness, une anthologie d'histoires d'horreur. La suite du récit s’attache aux tentatives de ces huit amis pour échapper à la guerre et à l’apocalypse nucléaire. Garth Ennis, le scénariste, s’attache à raconter tout cela à hauteur d’hommes et de femmes. Il ne montre jamais les décideurs et forces militaires mais s’en tient à ces huit personnes ordinaires qui prennent différentes décisions : rester à New-York, fuir, se replier dans une résidence secondaire. Garth Ennis est un scénariste connu pour ses récits ultra-violents et cyniques (Preacher, Hitman ou The Boys) ainsi que pour ses comics de guerre clairement antimilitaristes mais toujours extrêmement documentés (ses War stories par exemple).

La Guerre n’est pas un comic-book marrant à l’humour mordant. C’est l’histoire tragique et glaçante de huit personnes ordinaires happées et marquées par une guerre qui n’épargne rien ni personne. Comme à son habitude, le scénariste irlandais naturalisé états-unien a fait ses devoirs et distille nombre de données factuelles sur les retombées d’un conflit nucléaire sur nos petites vies. S'il laisse de côté les grands et les décideurs et les aspects géopolitiques, c'est bien parce que tout cela dépasse le commun des mortels. Et c'est bien du sort de gens ordinaires dont il est question ici ! Et sans spoiler aucun, nous pouvons dévoiler qu’aucun des huit amis ne sortira indemne de cette bien triste petite histoire… La fin est particulièrement atroce...

Même s'ils donnent à voir au lecteur les ravages d'un bombardement sur New-York, Ennis et la dessinatrice Becky Cloonan n'inscrivent par leur bande-dessinée dans un registre de film catastrophe. Il s'agit de rester centré sur les humains dont les émotions sont parfaitement saisies par le crayon de la dessinatrice. Mais... Quelle mouche pique Garth Ennis ? Qu’est-ce qui motive la création de ce récit d’horreur ? Pourquoi infliger pareil périple à son lectorat ? La réponse paraît évidente : il faut éviter cette guerre dont personne n’échappera et prendre conscience de la possibilité et la proximité d’un danger que nous croyions lointain depuis la fin de la Guerre Froide. Le mitan des années 2020 est une bien curieuse période qui voit ressurgir la peur d’une guerre nucléaire et la haine des Rouges…

Derrière l’antimilitarisme de Garth Ennis se devine aussi la résurgence de souvenirs d’un téléfilm de la BBC qui traumatisa toute une génération de Britanniques : Threads. Un téléfilm dont s’inspire et s’imprègne La Guerre pour mieux souligner qu’une guerre nucléaire généralisée annulerait dix mille ans d’existence humaine comme dit plus haut…

L’histoire commence au Royaume-Uni dans les années 1980 dans la petite ville de Sheffield. Un couple de jeunes gens décide de se marier et de s’installer ensemble. Le quotidien bat son plein mais à l’arrière-plan de ces banalités, l’extension d’un conflit entre URSS et Iran dégénère et amène la menace d’un conflit global et nucléaire. La ville de Sheffield abrite une base aérienne de l’OTAN. Elle est frappée par un bombardement nucléaire comme l’ensemble des îles britanniques. A hauteur d’hommes et de femmes, le téléfilm s’emploie à montrer de manière crue, frontale et documentaire les conséquences d’une frappe nucléaire…

Les similarités entre La Guerre et Threads sont nombreuses. Le comic-book glace et terrifie. Le téléfilm est proprement horrible dans sa depiction de l’effondrement de toute société humaine. Rien n’est épargné au spectateur : les pillages, l’hiver nucléaire, les cancers et autres malformations, la mort massive des populations, l’incapacité des décideurs ou relais du pouvoir à agir… A la fin du métrage, trois ans après les bombardements, les survivants quasiment revenus à l’époque médiévale meurent de faim et de maladies… Oubliez les Freddy Krueger et autres Jason Voorhees, en matière d'horreur absolue, Threads de la BBC remporte la palme ! Et ce, en dépit des limitations techniques du temps !

Durant la Guerre Froide, plusieurs œuvres cinématographiques ou télévisuelles tentèrent d’horrifier les foules pour les prévenir et les préserver de la menace nucléaire : The War Game de Peter Watkins ou The Day After de Nicholas Meyer. Threads est sans doute l’une des plus marquantes et terrifiantes. L’une des plus militantes avec le pseudo-documentaire de Peter Watkins. Le titre, en anglais « threads » signifie « les fils » ou « les liens », est explicité dans l’introduction du film et rappelle simplement que « tout est lié » et qu’un conflit nucléaire généralisé se traduirait par une destruction mutuelle inévitable…

Désolé d’avoir plombé l’ambiance…

vendredi 25 avril 2025

William Blanc, Justine Breton & Jonathan Fruoco, Robin des Bois de Sherwood à Hollywood, Libertalia, Montreuil, 2024.

 

William Blanc, Justine Breton & Jonathan Fruoco, Robin des Bois de Sherwood à Hollywood, Libertalia, Montreuil, 2024.

Sans égaler en nombre d'apparitions dans différents médias les champions incontestés que sont Sherlock Holmes ou Dracula, Robin Hood est une figure mythique qui a remarquablement traversée les siècles pour être remaniée, ré-imaginée, complètement renversée parfois et énormément récupérée à des fins militantes ou politiques. 

Comment un mythe naît-il au cours de l’époque médiévale, se transforme-t-il lors de l’époque moderne et se diffuse-t-il jusqu’à l’époque contemporaine en infusant la culture populaire comme la culture des élites ? Robin Hood est un excellent sujet d’étude pour élucider ces questions. Jonathan Fruoco, médiéviste, part d’un constat : il n’existe en France que peu d’études sérieuses ou d’ouvrages synthétiques sur les légendes de Robin des Bois. Il s’associe à William Blanc et Justine Breton pour élargir son propos purement médiéviste et aborder la place du personnage dans la culture populaire. A six mains et en neuf chapitres, cette joyeuse bande d’auteurs explore les origines historiques et littéraires du mythe (Jonathan Fruoco), son exportation aux Etats-Unis dans la culture populaire et son acclimatation en France (William Blanc) et les dimensions enfantine et féminine du mythe (Justine Breton). Cette belle étude, complète mais non-exhaustive, s’ouvre sur une magnifique préface de Michel Pastoureau qui relie la naissance de sa vocation de brillant médiéviste à ses souvenirs d’enfance des versions hollywoodiennes de Robin Hood et d’Ivanhoe.

Les balades de Robin des Bois sont des textes anglais écrits entre les 14ème et 15ème siècles. Robin est un personnage fictif qui semble très présent dans la culture populaire anglaise dès le Moyen Âge. Sa première mention écrite le met d’ailleurs immédiatement en compétition avec l’establishement puisqu’il est dit qu’il est plus populaire que le sacro-saint « Notre Père » pour la paysannerie anglaise ! Dès ses premières aventures écrites, les grandes lignes et grands épisodes de sa geste sont réunis. Les aventures de Robin des Bois sont, dès les prémices de l’imprimerie, l’un des premiers best-sellers en Angleterre.


Robin apparaît comme un yeoman, un petit paysan libre propriétaire terrien. Aux 14ème et 15ème siècles, les archers de l’armée royale sont recrutés parmi les yeomen. Ce groupe social démographiquement nombreux devient très revendicatif et se rebelle au cours de cette période. Dans les balades originelles, les aventures de Robin ne sont pas contextualisées historiquement. Il n’est pas dit qu’il vit sous le règne de Jean-Sans-Terre. Des chroniques un peu plus tardives cherchent à le rendre historique et à l’ancrer dans des événements insurrectionnels attestés par des sources judiciaires. Robin, le yeoman en révolte contre le roi et l’Eglise, appelle ses hommes à tabasser et détrousser les membres du clergé. Dans les couches populaires, ces récits circulent et sont adoptés par des yeomen bien réels et quelque peu revendicatifs.

En revanche, au cours du 16ème siècle, ce très populaire héros est élevé au rang de noble dans le théâtre élisabéthain. La noblesse anglaise s’approprie le mythe du personnage en le transformant en comte tombé en déchéance. Cette version de la légende s’inscrit définitivement dans les mémoires et cristallise cette origin story. Avec le fait de se cacher en forêt et celui de dépouiller les riches, cette disgrâce du petit noble fait partie intégrante de l’ADN du mythe alors qu’il s’agit d’une réécriture élisabéthaine. Cette réinvention permet aussi de redéfinir la mission de Robin pour biffer sa mission sociale et en faire un légitimiste qui veut remettre sur le trône le souverain légitime en même temps qu’il retrouve son rang. Cela confère aussi au personnage en révolte contre l’évêque local ou le shérif de Nottingham un caractère national qu’il n’avait pas jusque-là.

L’aspect du héros change lorsque ses origines sont réécrites. Le héros à capuche, Robin Hood, devient un héros des bois au cours du 20ème siècle et à cause d’erreurs des traducteurs français hésitants trop entre hood et wood… Le fameux chapeau mou à plume n’apparaît qu’au 19ème siècle et est popularisé par le cinéma. Le hoodie revient dans les comics de Green Arrow (années 1980 et 1990). La verdure du costume attestée dès Chaucer est moins une affaire de camouflage qu’un indice économique : le vert coûte moins cher !

La figure populaire de Robin Hood ne quitte jamais la culture britannique puisque les membres du Gunpowder plot de 1605 sont désignés comme des Robin Hood par le juge qui instruit l’affaire. De même, un capitaine de navire attaqué par des pirates relate, au 18ème siècle, que ses assaillants se réclament comme des Robin Hood lorsqu’ils arraisonnent son vaisseau. Bien avant le cinéma ou la bande-dessinée, le mythe du prince des voleurs est bien présent dans la mémoire et la culture populaire.

Lorsque Joseph Ritson, folkloriste de la fin du 18ème siècle, collecte diverses versions des balades de Robin Hood, alors même que grogne la Révolution Française, le mythe est déjà associé de longue date à certaines formes de contestations populaires. Les Robin Hood Societies de la petite bourgeoisie progressiste moquée par la presse conservatrice se sont appropriées la figure de Robin. Au 19ème siècle, les Chartists se revendiquent de Robin Hood. Avant d’être récupéré par les mouvements nationalistes, le romantique Keats a le temps de chanter Robin Hood, ce mythe révolu pré-industriel mais ô combien nécessaire dans ce fiévreux 19ème siècle…

La traversée de l’Atlantique à destination des Etats-Unis se traduit par d’autres transformations à la fin du 19ème siècle. Robin Hood devient le mètre-étalon pour jauger les figures de hors-la-loi telles que Jesse James. Ce faisant, le mythe se ramollit pour s’adapter aux comparaisons de tous les bords, parfois poussives, et trahissant souvent le mythe originel du yeoman en révolte. La récupération et le remodelage du mythe est quasi constant depuis la fin des années 1860 et aujourd’hui. Bernie Sanders et Ted Cruz débattent dans les années 2010 sur les réformes fiscales à mettre en œuvre aux Etats-Unis. Sanders, progressiste et socialist, évoque l’image d’un Robin Hood pour se voir répondre par le très conservateur et républicain Cruz que les vrais Robin Hood sont dans le camp conservateur des « anti-systèmes » libertariens ! 



Le renversement du mythe est aussi remarquable que représentatif des temps ! Face aux masses oisives profitant des aides sociales, les « Robin des Bois à l’envers » s’en viennent joyeusement tabasser et voler les pauvres pour donner aux riches ! Le livre montre assez bien comment les changements de la société et les transitions Outre-Manche ou Outre-Atlantique permettent cette incroyable récupération du personnage… Après la crise des subprimes, les auteurs notent une hausse de l’utilisation des caricatures de Robin Hood dans le monde anglo-saxon. Lorsque le modèle du welfare state est ébranlé, Robin sort du bois !


Et la culture populaire alors ? Elle alimente ces circonvolutions de la figure mythique récupérée en politique. William Blanc explore de manière synthétique ces aspects. Peu d’aspects sont laissés de côté par les auteurs de l’ouvrage : le militantisme de la figure, les adaptations à la littérature enfantine, les rapports de Robin et Marianne… La dernière partie de l’ouvrage n’est pas inintéressante en ce qu’elle analyse par le menu les thématiques très récurrentes du déguisement et du travestissement dans les divers récits de Robin des Bois. 

L’ouvrage est touffu et fort intéressant. Peu de mythes littéraires ont connu un succès et une récupération comparables à ceux de Robin Hood qui n’a sans doute pas tiré ses dernières flèches au moment où ces lignes sont écrites !

samedi 3 juin 2023

Amazing Ameziane (texte et dessin), Nazi Killers Ministry of Ungentlemanly Warfare, éditions du Rocher, Monaco, 2023.

Amazing Ameziane (texte et dessin), Nazi Killers Ministry of Ungentlemanly Warfare, éditions du Rocher, Monaco, 2023.


« Have you any idea what kind of noise happens when somebody’s stabbed in the back? Because I do.»

L’anecdote survenue sur le tournage de « Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi » est connue. Peter Jackson le réalisateur, s’apprête à mettre en boite la mort de Saroumane interprété par le grand (par la taille et celle de sa filmographie) Christopher Lee. Le maléfique sorcier est poignardé dans le dos par le vil Grima. Le cinéaste néo-zélandais demande à l’acteur britannique de pousser un hurlement avant de s’effondrer. Avec sa morgue et son flegme tout britannique, l’acteur lui rétorque qu’une personne qui meurt poignardée dans le dos ne pousse pas de hurlement avant de s’effondrer. Il est bien placé pour le savoir, lui qui a été au service secret de Sa Majesté pendant la Seconde Guerre Mondiale…

Dans les premières pages, Christopher Lee fait un peu office de narrateur. L'ouvrage entend revenir sur la création et les hauts faits d’une armée secrète mise sur pied par Winston Churchill pour combattre dans l’ombre les armées d’Hitler. En cinq chapitres, Amazing Ameziane revient sur le Special Operations Executive (SOE, « Direction des opérations spéciales ») créé pour soutenir les mouvements de résistance des pays d'Europe occupés par l'Allemagne et l'Italie, le Special Air Service (SAS) mis au point par le lieutenant David Stirling, le Long Range Desert Group (LRDG) et les autres groupuscules plus ou moins confidentiels qui œuvrent derrière les lignes ennemies de 1940 à 1945.

Un intéressant coup d’œil sur ces hommes et femmes de l’ombre chargés de missions de sabotage, infiltration, assassinat, désinformation, etc. Des « tueurs de Nazis » qui forment un « ministère de la guerre sans politesse » ! Des barbouzes spécialisés dans les coups bas et vachards qui sont destinés à être effacés des annales mais bien décidés à infliger de lourds dégâts à l’ennemi ! La suprême touche à la fois so British et pop-culturelle est sans doute d'avoir choisi une adresse sur Baker Street pour héberger cette bande d'irregulars...

Christopher Lee ouvre le bal. Joan Bright née Penelope Joan McKerrow Bright lui emboite le pas. Cette dame a grandement contribué à la mise en place du SOE et a enseigné l’Anglais à la famille de Rudolf Hess dans les années 1930. Un chapitre revient sur le parcours de Winston Churchill de ses jeunes années aux années 1940. Vient ensuite le malfrat Johnny Ramensky, recruté par Ian Fleming, père littéraire de James Bond, et entraîné pour devenir un assassin d’élite. Une autre femme de l’ombre est Krystyna Skarbek alias Christine Granville, parachutée en France Occupée pour y coordonner les opérations conjointes de groupes de résistants français. L’opération Anthropoid montée en vue d'assassiner Reinhard Heydrich est décortiquée dans un autre chapitre. Une belle collection d’aventures et de parcours individuels étonnants et remarquables.

En feuilletant cet ouvrage, le lecteur s’étonne souvent de la manière surprenante dont la réalité dépasse la fiction. Même si, à l’exergue, un avertissement signale qu’il s’agit d’une extrapolation et d’une dramatisation des faits réels dont s’inspire l’auteur. Le lecteur se remémore également que des acteurs de la trempe de Christopher Lee, David Niven ou Anthony Quayle ont été le temps du second conflit mondial de véritables James Bond ! Longtemps classés « secret défense », ces récits méritent amplement d’être découverts. Peut-être bien que la témérité et la ténacité d’une poignée d’hommes et de femmes à l’ingéniosité et au culot exceptionnels a permis au camp des Alliés de remporter la victoire contre les armées d’Hitler !


Une bibliographie conséquente vient clore l’ouvrage et mettre en lumière le studieux travail de recherches documentaires de l’auteur. Toutefois… Amazing Ameziane se présente comme un grand amateur de comics, et particulièrement des travaux de Bill Sinkiewicz et Frank Miller. Les trois premiers titres inscrits dans sa bibliographie sont des comics : Master Race de Kriegstein, SGT. Rock de Joe Kubert et SGT. Fury and his Howling Commandos de Jack Kirby. D’excellentes références et le lecteur aurait aimé lire les exploits de ces hommes et femmes de l’ombre croqués avec vigueur et fougue par les maîtres que sont Joe Kubert et Jack Kirby. En lieu et place d’un récit de guerre haut en couleurs et bourré de tonus, le lecteur doit se contenter d’un ouvrage documentaire aux pages certes joliment illustrées par Amazing Ameziane mais chargées de textes, denses et pas toujours très dynamiques. L’auteur est davantage un graphiste et un illustrateur qu’un dessinateur de bande-dessinée maîtrisant le sens du découpage et de la dramaturgie. Nazi Killers Ministry of Ungentlemanly Warfare est présenté comme un « roman graphique » mais est plus un album documentaire travesti en BD. Si ses dessins et choix de mise en page sont assez élégants, il manque à l'ensemble une vraie tonalité bande dessinée. Le tout est trop statique. Au final, une lecture agréable mais qui ne transporte pas et n’embarque pas son lecteur plus que cela. Et c’est quand même sacrément dommage quand on songe au potentiel explosif de la thématique explorée…