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dimanche 23 juillet 2023

Brian K. Vaughan (scénario), Niko Henrichon (dessin), Les Seigneurs de Bagdad, Collection Urban Nomad, Urban Comics, Paris, 2023.

Brian K. Vaughan (scénario), Niko Henrichon (dessin), Les Seigneurs de Bagdad, Collection Urban Nomad, Urban Comics, Paris, 2023.

 

Bagdad, 2003 : quatre lions emprisonnés dans le zoo, sont libérés suite à un raid aérien de l'armée américaine. Un jeune mâle dominant, deux femelles de deux âges différents et un petit lionceau vont découvrir, en errant dans la ville dévastée, que cette liberté soudaine s'avère plus dangereuse que leur ancienne prison dorée.

Ce one-shot de 136 pages initialement paru en 2006 aux Etats-Unis sous le label Vertigo est réédité en format poche à petit prix chez Urban. Les représentations intéressantes des guerres d'Irak dans la culture populaire sont finalement assez rares. Le présent petit comic-book est sans doute l'une des oeuvres les plus pertinentes et touchantes sur le sujet.

Brian K. Vaughan est un scénariste qui a récolté un certain nombre de prix et a des choses à dire, beaucoup de choses. Il est le scénariste de Y: The Last Man, Ex Machina, Runaways, Saga et Paper Girls. Il collabore ici avec le dessinateur canadien Niko Henrichon, propulsé sous le feu des projecteurs à la suite de la parution de cette histoire. Le dessin est soigné et beau.

Dans cette fable, Vaughan aborde de manière franche et frontale le sort du peuple irakien durant l’invasion de l'Irak par les États-Unis en 2003. Il porte un regard sincère sur les conséquences de l’Operation Iraqi Freedom et interroge autant la légitimité des opérations américaines que les idées de liberté ou d’humanité. En mettant en scène des animaux doués de raison et de parole superbement dessinés, le scénariste compose un récit de survie plein d’espoirs et de tristesse.


Le groupe de lions se compose de Zill, le chef, Safa, une femelle aveugle d’un œil, Noor, une jeune lionne mère d’Ali, un lionceau un peu insouciant qui doit apprendre à vite grandir. Chacun des lions a sa voix et son regard sur ce qui se passe. La guerre racontée à hauteur de lions par ceux qui la subissent plus qu'ils ne la font...

Au fil du récit, le lecteur découvre le passé de certains d’entre eux. Les trajectoires de ces lions font écho à celles de milliers d’Irakiens au moment de l’invasion de 2003. En faisant route vers l’inconnu, ils croisent un ours rendu fou par la faim, un lion mourant victime de sévices et tortures abominables ou une tortue de mer qui leur révèle les atroces conséquences de la guerre pour l’environnement…

Les lions découvrent les rues de Bagdad dévastée par les bombardements. Ils explorent le palais de Saddam Hussein abandonné. Ils doivent fuir, combattre et se sentent bien démunis face au chaos alors même qu’ils découvrent avec naïveté leur nouvelle condition d’animaux libres…

"Il n'y a pas qu'eux qui savent être libre"
"On naît avec. C'est ce que tu disais, non ? Seule la captivité s'apprend"

Le récit est sensible, touchant et bouleversant. L’écriture est adulte, simple et d’une grande efficacité. Vaughan souhaitait boucler son récit en un seul volume de manière à clouer son lecteur sur place… Objectif atteint ! La soudaineté des rebondissements lors du périple restitue efficacement les chocs et troubles de la guerre. Le ton est juste, jamais moralisateur ou trop larmoyant. Cette belle réflexion sur la liberté et l’absurdité de la guerre fait mouche.

Certes le contexte irakien en fait une analyse humaniste des événements survenus en Irak. Vaughan interroge ces guerres de libération et leur impact sur les pays libérés. L'auteur prend du recul pour scruter l'interventionisme étatsunien mais en profite surtout pour donner une voix aux Irakiens et à tous les peuples touchés par des guerres dites de libération. Forcément, le ton est rapidement dramatique voire tragique.

Préparez vos mouchoirs, la fin est déchirante… Nous sommes bien loin ici du disneyien Lion King...

jeudi 23 mars 2023

Collectif, 100 comics qui ont marqué l’Histoire, Ynnis éditions, Paris, 2022.

 

 
 Collectif, 100 comics qui ont marqué l’Histoire, Ynnis éditions, Paris, 2022.

En moins de vingt ans, les super-héros de comics ont envahi nos écrans, nos consoles et nos esprits. Partis des marges de la pop-culture, ils en occupent aujourd’hui le devant de la scène. Au point d’en devenir agaçants et insupportables pour certains ! Ce raccourci de vingt années d’invasion de la culture comics est lui-même un raccourci de l’histoire de ce médium bientôt centenaire, médium créé par de jeunes Américains issus de l'immigration envieux de trouver une vraie place dans la société et se servant des comics pour le dire et y parvenir. Mais il n’est pas question dans cet ouvrage de cette poussiéreuse histoire du médium comic-book.

De manière non-exhaustive et limpide, en cent chroniques s’étalant sur des doubles pages, une équipe d’experts et de passionnés opère un retour aux sources de la culture comics et invite le lecteur à lire ou relire cent comics incontournables. Il est vrai qu’à force de se laisser embarquer par les produits estampillés Disney et Marvel Studios, on en oublierait presque que les comics sont à l’origine des fascicules de papier bon marché aux couleurs criardes ! Et cette sélection de cent titres entend mettre en lumière la puissance de ces récits en images et en mots. Il s'agit également de souligner la richesse des comics et leur grande diversité.

Ce panorama des comics se découpe en six parties. Chaque partie couvre une décennie et ce guide balaie l’histoire des comics des années 1960 à aujourd’hui. Ce chouette ouvrage constitue une belle introduction à l’histoire des comics, même s’il écarte les premières décennies («l’ âge d’or » des décennies 1930 à 1950) de maturation du médium pour se concentrer sur les titres à retenir depuis « l’âge d’argent ».

L’ouvrage permet de découvrir la variété des comics : récits super-héroïques mais aussi de fantasy, d’horreur, polar, d’humour, etc. Le lecteur y croise des créateurs de légende : Jack Kirby, Neal Adams, Jim Steranko, Will Eisner, Art Spiegelmann, l’incontournable Alan Moore, Chris Claremont, Frank Miller, Don Rosa… La structure chronologique permet de réinscrire chaque titre ou artiste dans l’histoire du médium ou la Grande Histoire tout simplement. Les notices au format court synthétisent bien ce qui fait l’intérêt historique des titres chroniqués et en résument les caractéristiques majeures.

Aux côtés des comics attendus (Un pacte avec Dieu, Maus, Watchmen ou L’Art invisible), le lecteur relèvera de petites pépites ou surprises à feuilleter : l’underground et féministe Wimmen’s Comix, l’exceptionnel strip Calvin et Hobbes, l’indémodable Bone, le touchant récit initiatique Blankets, le parfaitement essentiel Punk Rock Jesus… Ce catalogue de plus de deux cents pages fait la part belle aux décennies 1980, 1990 et 2000. Le lecteur se souviendra, en effet, que le médium comic est arrivé à maturité au tournant des années 1980 et explore depuis lors des thèmes plus matures et variés que le seul affrontement super-héroïque des gentils contre les méchants !

L’introduction est signée par le génial Commis des comics alias Cédric Calas. Dans la team de rédacteurs se croisent les experts Jean-Michel Ferragatti, Fred Wullsch, Marceau Henault ou Sophie Bonadè. Ce panorama s’adresse tant aux passionnés qu’aux néophytes ou curieux n’ayant pas trop connaissance des racines de papier de nombre de films, séries ou jeux vidéos. Voilà un sésame commode pour se faire une idée des spécificités des comics anglo-saxons. La structure chronologique en fait un ouvrage facile d’accès et agréable à feuilleter.

D’aucuns rétorqueront qu’il manque à cette « comicothèque » idéale quelques titres mais ces cent comics ne sont qu’une porte d’entrée vers les milliers d’autres à feuilleter et découvrir par la suite ! Et comme le Commis des comics s’évertue hebdomadairement à le réciter sur sa chaîne youtube : lisez, lisez et lisez et faites vivre ce médium comic qui offre à ses lecteurs évasion, émotions, réflexion, lecture ou analyse du monde et ce depuis quasiment un siècle !

samedi 18 février 2023

Paul Verhoeven (réalisation) et Edward Neumeier (scénario), Starship Troopers, sortie au cinéma : 1997.

 


 
 Paul Verhoeven (réalisation) et Edward Neumeier (scénario), Starship Troopers, sortie au cinéma : 1997.

“They'll keep fighting... and they'll WIN.”

A la manière d’un Gillo Pontecorvo au faîte de sa gloire, Paul Verhoeven entreprend avec ce film d’anticipation de questionner et critiquer l’impérialisme américain au crépuscule du 20ème siècle. A la différence du réalisateur romain qui, avec son brûlant Queimada, fait mine de se tourner vers le passé pour interroger l’histoire immédiate, le plus néerlandais de tous les cinéastes hollywoodiens contemporains se tourne lui vers le futur. Et avec quelle clairvoyance !

Le propos du film est extrêmement accessible. Dans un lointain futur, les pays de la Terre se sont regroupés au sein de la Fédération, un gouvernement mondial autocratique. Cette Fédération se lance à la conquête de l’espace. Les Terriens entrent en contact avec des civilisations extraterrestres. Ils se trouvent menacés par l’une d'entre elles, la belliqueuse civilisation des Arachnides. Cette race d’insectes géants lance des attaques depuis son système de Klendathu contre la Terre. Fort heureusement Johnny Rico, Carmen Ibanez et tous leurs amis armés jusqu’aux dents veillent…

Des GI-JOEs de l’espace affrontent des araignées géantes de l’espace… Résumé comme ça, le film pourrait paraître idiot, fort dispensable voire peu recommandable. Et pourtant… Paul Verhoeven s’est inscrit et invité à Hollywood dans les années 1980 aux côtés des Cronenberg, Carpenter et autres comme réalisateurs à suivre. Son film sorti en 1997 n’a cependant pas trouvé son public et il mérite d’être réhabilité quelques vingt-cinq ans plus tard !

Coincé entre une énième pirouette bondienne mettant en vedette le très « hair-brushé » Pierce Brosnan et le titanesque film-fleuve de James Cameron, le douzième métrage de Paul Verhoeven est très sèchement accueilli par les critiques tant américaines que françaises. Nul ne sait comment prendre ce film : apologie ou critique du IIIème Reich ? Comédie ou film d’horreur dans l’espace ? Les vénérables Cahiers du Cinéma passent complètement à côté des intentions du réalisateur.

Starship Troopers qui adapte très librement le plutôt douteux roman de Robert A. Heinlein, Etoiles garde-à-vous, est une piquante fable de science-fiction dotée d’une mémoire et d’un ton acide et quelque peu désenchanté. Autant le livre de Heinlein était un brûlot cherchant à justifier la nécessité du maintien d’un arsenal nucléaire en pleine Guerre Froide et dans la décennie de l’appel de Stockholm, autant le film de Paul Verhoeven en prend le contre-pied et lui fait en outre un gigantesque pied de nez.

Comme souvent chez son réalisateur néerlandais, le film dialogue avec maintes références artistiques ici essentiellement cinématographiques. Le « Hollandais violent » se réapproprie l’esthétique ou les thèmes de Tarantula, Le Massacre de Fort Apache, Alamo, Zoulou, Full Metal Jacket, Iwo Jima, Le Triomphe de la Volonté ou A l’Ouest rien de nouveau… S’attachant au devenir d’une poignée de jeunes gens de la fin de leurs études secondaires jusqu’à leur recrutement et engagement dans les forces armées, Verhoeven brosse une fresque qui s’apparente aux parcours des Paul Bäumer, James T. Davis ou autres jeunes naïfs dont la guerre broie les illusions et rêves de gloire.

Avec son second degré et sa décontraction toute batave, Verhoeven écorne et rejette un conservatisme ambiant qui l’agace. Comme pour Basic Instinct ou Showgirls, sous des dehors très légers et divertissants, le réalisateur assène son propos très engagé avec une grande verve. Son film s’inscrit dans la veine de son cinéma d’alors. Au menu du réalisateur : la posture des Etats-Unis dans sa guerre contre la Terreur et la domination planétaire qu’exerce alors l’hyper-puissance états-unienne. Le metteur en scène observe le monde et sa mise en scène en ausculte les mécanismes. Et le réalisateur n’oublie rien : torture, manipulation des masses, propagande… Les décors des planètes sur lesquels les braves troopers affrontent les monstrueux arachnides ne sont pas sans évoquer l’Irak ou, par anticipation, l’Afghanistan.

Le spectre de la Seconde Guerre Mondiale plane sur une grande partie de la filmographie du cinéaste. Ce film n’y échappe pas. Paul Verhoeven a longtemps œuvré à l’écriture d’un film sur la carrière de Leni Riefenstahl. Starship Troopers est un peu l’aboutissement de ce projet de biographie qui reste inédit. Amour de la patrie, exaltation des corps qui se fait ici au détriment de toute fantaisie sexuelle… Le récit des mésaventures de ces « Ken et Barbie » évadés des séries télévisées US et envoyés à l’abattoir s’abreuve d’une esthétique riefenstahlienne. Verhoeven s’amuse comme un petit fou à saccager son casting de bellâtres et donzelles. C’est au spectateur de faire la part des choses et peut-être bien que le réalisateur s’est fourvoyé. La charge contre l’administration Bush est lourde et couplée à sa parodie du cinéma de Leni Riefenstahl, le film peut prendre une drôle de coloration ou de saveur pour un public peu averti. Mais pour peu que le public entre dans le jeu, il comprend où veut en venir le cinéaste.

“Never surrender. Never retreat. Never give up.” L’apologie de la mort au champ d’honneur distillée en classe se heurte aux supplices et souffrances des troopers envoyés au casse-pipe. Les flashs d’information ou de désinformation (?) viennent rythmer le film. Le brave Johnny Rico n’est pas sans évoquer le M’sieur Pif-Paf chanté jadis par un certain groupe de punk-rock français. Un brave gars mais un fasciste convaincu ! Il est difficile vingt-cinq après la sortie de Starship Troopers de ne pas comprendre d’emblée le ton parodique et outrancier du film.

Le réalisateur européen expatrié un temps à Hollywood en profite pour régler ses comptes avec la censure de la MPAA en plaquant directement à l’écran et sur ses images des encarts estampillés « censored ». Il interroge la justice états-unienne et une certaine théâtralisation de la peine de mort. Il livre curieusement et prophétiquement un film sur le 11 septembre avant même les événements tragiques de 2001. L’analyse de la géopolitique d’un siècle finissant et des conséquences néfastes de l’impérialisme américain est particulièrement limpide et anticipe les premières années du siècle à naître.

Les abominables Arachnides s’en prennent aux Terriens qui sont venus coloniser des mondes leur appartenant. Même si le gouvernement planétaire humain se garde bien de clamer sa part de responsabilité dans le conflit montré dans le film, la question de la sincérité de ce gouvernement est posée à chaque nouveau flash d’information ou de propagande qui vient scander l’action. Les images de dévastation, les combats dans des paysages désertiques, la traque des leaders Arachnides dans des cavernes… De manière troublante, Verhoeven prophétise un début de 21ème siècle qui remet rudement en cause l’hyperpuissance américaine. De manière pédagogique et mesurée, il en profite pour questionner les limites des démocraties occidentales dans sa satire jouissive si mal comprise en 1997.

Peut-être que vingt-cinq ans après sa sortie, ce très irrévérencieux vrai-faux blockbuster mérite que l’on y jette un cil...

“Would you like to know more?”

dimanche 6 juin 2021

Frank Miller (scénario et dessin), Terreur Sainte, éditions Delcourt, 2012

Frank Miller (scénario et dessin), Terreur Sainte, éditions Delcourt, 2012.

Tâche malaisée que d’écrire sur cette bande-dessinée qui est la réponse hargneuse (et quelque peu tardive) de Frank Miller aux attentats du 11 septembre 2001.

Originellement, l’auteur et dessinateur américain avait pensé à un récit dans lequel Batman affronterait Al-Qaïda à Gotham-City.

Oui. Ecrit de la sorte, les limites même du projet sont évidentes.

L’éditeur historique de Batman, DC Comics, n’ayant pas « accompagné » le projet jusqu’à son terme, Miller travestit quelque peu son histoire pour la publier chez un autre éditeur en 2011.

L’intrigue met ainsi en scène l’ « Arrangeur », le héros protecteur de la ville fictive d’ « Empire City », qui, aidé de la « Chat-Pardeuse », s’en va en découdre avec un groupe de terroristes islamistes menaçant les Etats-Unis…

Dans les années 1940, Superman ou Captain America pouvaient être représentés sur les couvertures de comic-books en train d’asséner coups de poing ou coups de pied à Adolf Hitler.

Dans les années 2000, Frank Miller entend faire de même en montrant un super-héros américain bottant les fesses de terroristes islamistes.

C’est là que le bât blesse.

Passe encore que dans sa prime jeunesse le médium comic-book se hasarde sur les chemins de la propagande infantile mais au 21ème siècle ???

Miller est du nombre de ces créateurs qui ont su, dans les années 1980, porter le médium comic-book à un niveau de maturité et d’excellence rare.

En faisant œuvre de « propagandiste », Miller se fourvoie dans une entreprise des plus hasardeuses et critiquables.

Difficile de le suivre sur ce coup-là.

Son intrigue est sommaire. Son propos est « taillé à la tronçonneuse ».

Son style graphique a évolué dans les années 2000 pour devenir plus anguleux et plus caricatural.

C’est dans ce style caricatural et dans un noir et blanc parfois agrémenté de touches de couleurs vertes ou rouges qu’il conte d’une manière fatalement trop manichéenne.

Ces 100 pages publiées à l’italienne constituent un tout petit album.

D’un point de vue purement graphique, Frank Miller compose quelques planches fortes et violentes.

Il découpe son récit efficacement.

Mais il n’a pas grand-chose à dire et raconter au lecteur.

Frank Miller « racole » comme il le fait si bien dans Sin City.

L’ensemble est « naïf » et simpliste, comme il se doit dans une œuvre de propagande.

Il convient donc de lire et de comprendre cette bande-dessinée pour ce qu’elle est : la réponse purement émotionnelle et « premier degré » de Frank Miller au choc et au traumatisme des attentats du 11 septembre 2001.

Les planches de cet album regorgent des traces « graphiques » du 11 septembre 2001.

Miller n’analyse pas, n’étudie pas, ne raconte pas, ne témoigne pas.

Miller dit et dessine sa peur, ses craintes, sa peine, sa colère, sa haine.

En l’absence de tout recul et de toute analyse, Miller se contente de livrer sa petite bande-dessinée de propagande. Toute toute petite bande-dessinée qui méritera peut-être un jour d’être brièvement citée et référencée dans une note de bas de page d’un ouvrage traitant de l’impact des actes terroristes sur les arts populaires du premier 21ème siècle...