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mardi 7 juillet 2026

La Terreur Masculiniste par Stéphanie Lamy, Editions du Détour, 2024.

 


Le masculinisme est aujourd’hui la dérive radicale qui inquiète le plus les autorités au point qu’un rapport d’information a été rédigé par trois sénatrices. Leurs conclusions ont été rendues fin juin 2026. L’ouvrage proposé par Stéphanie Lamy montre comment est apparu ce phénomène qui irrigue aujourd’hui toutes formes de radicalités et abreuve de haine les extrémismes de tout bord. À la fois instructif et inquiétant, il met en lumière les origines et les idées de ceux qui se sentent attaqués dans leur identité d’homme, au point de réagir violemment contre les femmes et toutes les personnes qui soutiennent leur mouvement d’émancipation et de défense de leurs droits.

L’ouvrage débute par une mise à jour sémantique en précisant la différence de sens entre le sexisme, la misogynie et le masculinisme. Alors que le sexisme est un ensemble d’actes et de paroles visant à démontrer que les femmes sont inférieures aux hommes, la misogynie constitue une véritable haine contre le genre féminin, qui peut mener à des rejets et des violences. Le masculinisme franchit un degré supplémentaire. Il s’érige en un mouvement de défense qui vise à attaquer les femmes et ceux qui défendent leurs droits. C’est en quelque sorte une réaction identitaire au féminisme. Le masculiniste prône la violence pour « maintenir, voire renforcer la domination des hommes sur les femmes et les minorités de genre ».

La dangerosité des idées masculinistes n’est constatée que depuis peu, alors qu’elles existent depuis plusieurs décennies et sont à l’origine de faits de violences particulièrement graves, voire d’attentats terroristes meurtriers. La chercheuse explique cela par le fait que les services répressifs, policiers ou judiciaires qui sont chargés d’enquêter et d’instruire les affaires relevant du terrorisme sont essentiellement entre les mains d’hommes qui n’ont pas su, ou voulu, considérer l’idéologie masculiniste comme il se devait. En relisant des actes terroristes à travers le prisme de ses travaux, elle prouve qu’on n’a pas toujours su identifier les origines masculinistes de certaines tueries de masse.

Stéphanie Lamy constate aussi avec dépit que les vecteurs de diffusion des idées masculinistes sont complètement dérégulés et poursuivent leurs activités sans aucun frein ni aucune sanction. Ainsi la haine contre les femmes est diffusée sur les plateformes de jeux vidéo, par des influenceurs virils qui louent le culte du corps ou sur les réseaux sociaux. Comment peut-on continuer d’accepter cela alors que d’autres propos violents qui émanent d’autres radicalités sont interdits et condamnés ?

La dernière partie du livre est un panorama de la « masculinosphère ». On y découvre toutes les tendances et groupes nés des idées masculinistes. Certains groupes paraissent totalement excentriques (les chamaniques, les Hoteps), alors que d’autres sont plus connus (Incel, MGTOW). Classés en quatre grandes tendances, les primitifs, les tradis, les relationnistes les performatifs, tous ont en commun de promouvoir la haine et la violence verbale et physique à l’encontre des femmes. L’auteure présente pour chaque groupuscule les idées qui unissent ses membres, leurs moyens d’action (appels au viol, au meurtre), et les faits qui se sont produits depuis les années 1960. On ressort de la lecture de ce petit ouvrage avec la sensation d’urgence et la conviction qu’il faut agir vite tant à l’époque dans laquelle on vit, on sait que beaucoup de jeunes sont sensibles et sont en quête d’identité. Ils deviennent des proies faciles pour des « gourous » qui peuvent aisément les happer dans leur giron en mettant en avant leur qualité d’homme et le danger que les femmes représenteraient pour eux.  

lundi 7 août 2023

Garth Ennis (scénario), Peter Snejbjerg et Russ Braun (dessin), Battlefields : femmes en guerre, Komics Initiative, Notre-Dame-d’Oé, 2023.

Garth Ennis (scénario), Peter Snejbjerg et Russ Braun (dessin), Battlefields : femmes en guerre, Komics Initiative, Notre-Dame-d’Oé, 2023.


Putain de guerre !

Garth Ennis est un auteur de comics américains d’origine irlandaise connu pour ses écrits très rentre-dedans, son humour caustique voire gras et un penchant certain pour les récits violents ou ultra-violents. Ses oeuvres-phares sont Preacher paru sous le label Vertigo, sa relecture bourrin du Punisher ou The Boys, comic-book popularisé par la série Amazon Prime. Ennis n’aime pas les super-héros et ne se gêne pas pour les tourner en dérision et alerter ses lecteurs sur les risques des dérives liberticides des exploits de certains vigilantes… Le lecteur ne doit donc pas s'attendre ici à des récits édifiants mettant en valeur des super-héroïnes mais bien à des petites histoires de guerre ramenant les choses à hauteur de femme. Sa démarche n'est pas sans rappeler celle de Pat Mills sur La Grande Guerre de Charlie.

Mickael Géreaume, directeur de la maison d'édition furieusement indépendante Komics Initiative, édite en deux tomes les épisodes de la métasérie Battlefields, publiée entre 2008 et 2013 par Dynamite aux Etats-Unis. Ce tome centré sur les destins de deux femmes durant la Seconde Guerre Mondiale est illustré par le Danois Peter Snejbjerg et l’Américain Russ Braun. Force est de constater que l’auteur irlando-américain quitte quelque peu son habituel ton roublard et caustique pour brosser deux portraits de femmes prises dans l’horreur de la guerre.

Le premier récit relate le sort de Carrie, une infirmière britannique dans l’horrible théâtre de la guerre du Pacifique. Dès la première page, le lecteur découvre frontalement, mais sans aucune esbroufe ou aucun mauvais goût, les viols perpétrés par les soldats japonais sur les femmes de guerre britanniques. Carrie est du nombre des femmes violées et mitraillées. Elle survit, se reconstruit et doit vivre avec ce traumatisme. Elle poursuit sa tâche du mieux qu’elle peut auprès des pilotes anglais blessés et mutilés…


Les violences de guerre sont montrées sans détour au lecteur. La violence graphique peut choquer et c'est bien entendu la volonté d'Ennis d'estomaquer son lectorat. Le ton n’est pas celui d’un récit d’action ou d’aventure mais bien d’un récit de guerre. Le soin apporté par le scénariste et son dessinateur aux recherches documentaires est scrupuleux. Ennis trouve les mots justes pour dépeindre les tourments et traumatismes de Carrie. Le tragique l’emporte dans ce récit à hauteur de femme de la guerre… Le récit est dur et difficile pour l’auteur qui multiplie les choix courageux comme pour le lecteur qui prend des coups comme les personnages de cette fiction fortement documentée.


Ennis n’héroïse pas à outrance son personnage. C’est là un trait commun à tous ses scénarii. Il rend Carrie aussi attachante que fragile et irrémédiablement détruite par la guerre. La narration n'est jamais gnangnan et l'auteur s'attache à créer un personnage doté d'une belle épaisseur psychologique, touchante et crédible.


Le second récit est plus long et non moins ambitieux et s’attache à l’histoire d’Anna, pilote soviétique engagée sur le front européen. Ennis balaie la période de la Seconde Guerre Mondiale mais poursuit son histoire au-delà du conflit. Sans détour une fois encore, l’auteur dépeint les violences de guerre sans occulter les violences sexuelles dont sont victimes les femmes pilotes. Dès les premières pages, se pose la question d’un égal traitement des soldats hommes et femmes dans l’Armée Rouge. La guerre est montrée comme une boucherie broyeuse d’hommes et de femmes dans les deux camps qui s'opposent. Anna, à bord de son avion, s’efforce de survivre et survoler les horreurs du conflit. Elle ne sort pas indemne des effroyables affrontements aériens. Le crash est synonyme de mort, blessures ou des pires atrocités aux mains de l’ennemi…


Ennis n’épargne rien à son « héroïne » : abattue par les Nazis, elle est capturée et emprisonnée puis « libérée », jugée pour trahison et déportée au Goulag… L’affrontement des totalitarismes soviétique et nazi est crûment et durement mis en scène par un auteur fermement décidé à n’idéaliser en rien le second conflit mondial ! L'écriture est fine même si toujours aussi brutale. La guerre est sale, horrible, inhumaine et proprement dégueulasse sous sa plume et le crayon de Russ Braun ! Fort heureusement pour ce personnage attachant pour qui le lecteur frémit au fur à mesure que les pages se tournent, Ennis lui ménage une sortie quelque peu… heureuse... enfin...


Carrie et Anna sont deux femmes extrêmement courageuses, fortes et fragiles à la fois, guidées par une volonté certaine et toutes les deux attachantes en raison de leur humanité fortement mise à l'épreuve par les événements guerriers qu'elles traversent et qui les affectent. Ce volume consacré au sort de la « gente féminine » durant la Seconde Guerre Mondiale est une lecture âpre mais prenante et donne furieusement envie de découvrir le deuxième volume consacré aux « hommes en guerre ».

samedi 13 mai 2023

Zerocalcare, No sleep till Shengal, éditions Cambourakis, Paris, 2023.

Zerocalcare, No sleep till Shengal, éditions Cambourakis, Paris, 2023.


Au début des années 1970, William Friedkin plante ses caméras en Irak pour filmer le prologue de L’Exorciste. Dans ses mémoires, il se remémore ce tournage en terre Yézidi :

« Ils m'ont prévenu que j'aurais à traverser le territoire kurde pour me rendre dans une zone dangereuse sur laquelle ils n'avaient aucun contrôle. On disait que les Yézidis sacrifiaient des animaux et pratiquaient aussi des sacrifices humains. La coutume veut que vous ne marchiez jamais devant un Yézidi parce que si Sheitan lui ordonne de vous tuer, il le fera sans hésiter.

Les Yézidis ne mangent pas de laitue car ils pensent que l'esprit de Sheitan réside dans la laitue. Leurs traditions étaient réprouvées aussi bien par le monde arabe que par leurs compatriotes kurdes. Leurs origines et leurs pratiques ésotériques sont inconnues de la plupart des Occidentaux. J'ai été prévenu que des mouches encerclaient leur campement et on m'a gentiment fait savoir qu'il fallait que je les évite mais que je ne devais sous aucun prétexte en tuer une, car l'esprit de Satan vit dans les mouches et les serpents.

Pour une raison mystérieuse, les hommes Yezidis gardent une de leurs jambes dans leur pantalon lorsqu'ils font l'amour à une femme. J'ai demandé à ce que l'on m'explique cela et Tarik m'a dit que c'était probablement pour que les Yézidis soient prêts à exécuter les instructions du diable à tout instant. Le son sh ne doit jamais être prononcé devant un Yézidi car cela équivaudrait prononcer le nom de Sheitan en vain. Puisqu'il y a de nombreux mots dans la langue arabe qui requièrent d'utiliser le son sh - par exemple dans la très courante salutation Chosh kaka , qui signifie  Bonjour, mon ami. »

Au printemps 2021, Zerocalcare, l’un des dessinateurs de bande dessinée les plus connus de la péninsule italienne, se rend en Irak pour témoigner de la situation des Yézidis ou Ezidis tels qu’ils sont appelés dans le présent album. Bien loin des anecdotes farfelues rassemblées par le réalisateur américain, l’aventurier italien se penche sur le sort de cette communauté coincée entre les potentats irakiens et turcs, victimes des pires massacres depuis plusieurs décennies et sans cesse soumis aux bombardements ou violences. Force est de constater que de la curieuse peuplade aux rites et habitudes étranges, il ne reste plus grand chose... Après avoir rencontré les femmes et résistants kurdes de Kobané en 2014, Zerocalcare met en lumière le combat pour la survie de cette minorité. Un combat qui se déroule dans l’indifférence assourdissante de l’Occident…


Le récit suit ce nouveau périple du plus punk des dessinateurs de bande dessinée italien. Tout comme pour Kobané Calling ou sa série animée autobiographique À découper suivant les pointillés, il aborde les choses par le menu et avec beaucoup d’humour, de distance ou de second degré. L’autodérision est autant un moyen pour l’auteur de respirer, avec son lecteur, entre deux scènes pleines de tensions ou de douleurs qu’une manière de se moquer de notre indifférence ou méconnaissance de la situation des Ezidis.

S’il s’attarde sur les difficultés rencontrées pour atteindre les terres des Ezidis, ses problèmes de sommeil, il met en regard ses maigres problèmes avec ceux d’une communauté opprimée depuis des décennie. Il s’attarde beaucoup sur le sort des femmes et des enfants. Viols, disparitions, assassinats… Il laisse dans ses pages le temps aux personnes rencontrées de se raconter avec beaucoup de sincérité et de simplicité. Il s’appesantit sur les tentatives des Ezidis de mettre en place des structures démocratiques les plus égalitaires possibles, sur les obstacles posés par les gouvernements et autorités d’Irak et sur les déceptions nombreuses de cette communauté… Le récit est prenant.


Le ton oscille entre légèreté et solennité, entre sourires et souffrances. En quelques 200 pages de cases en noir et blanc, sans jamais sermonner ou barber son lecteur, Zerocalcare lui ouvre les yeux sur un groupe de personnes particulièrement malmené, isolé et ignoré de la communauté internationale. Souvent il fait part de son émotion et de ses peurs. Quelques fois, la tête de René Descartes enfermée dans un bocal (oui oui!) vient faire le point sur la situation avec l'auteur. Son album respire la justesse et appelle à plus de justice. Dans sa postface, il déplore de ne devoir se contenter que de mettre en lumière les situations extrêmement tendues et complexes de certaines communautés sans pouvoir y apporter de remèdes, de solution ou de fin… Mais c’est déjà un sacré travail accompli par ce petit Romain depuis maintenant dix ans ! Bravo à lui ! Ce sont incontestablement son engagement, son ton particulier pour narrer ses aventures et son humanité manifeste qui confèrent à cette bande dessinée une grande force d'évocation et incite à la réflexion.

Félicitations et mention spéciale à Brune Seban-Desideri qui a traduit l'album avec beaucoup d'efficacité et a dû affronter les nombreuses expressions argotiques romaines présentes dans la version originale. Chapeau bas !

samedi 11 février 2023

Stéphanie COUROUBLE SHARE, Les idées fausses ne meurent jamais. Le négationnisme, histoire d’un réseau international

 


Stéphanie COUROUBLE SHARE, Les idées fausses ne meurent jamais. Le négationnisme, histoire d’un réseau international,
Le bord de l’eau,
Lormont, 2021.

« Les idées fausses ne meurent jamais » … cependant elles tuent. Les assassinats liés directement au négationnisme sont rares me direz-vous, mais ils existent (attentat de Halle en Allemagne en 2019) et même si les victimes sont peu nombreuses, rien qu’une seule, en est déjà une de trop.

En France, on a tendance à penser que le négationnisme est une création nationale, et que ce sont nos « faussaires de l’histoire » bien de chez nous qui ont tout inventé, puis diffusé en Europe et dans le monde.

La réalité mise en lumière par Stéphanie Courouble Share, historienne et chercheuse associée à l’Institute for the Study of Global antisemitism and Policy de New York, montre que le négationnisme français n’est en rien précurseur, mais constitue plutôt un maillon d’un réseau bien plus vaste, dont le berceau se situe en Allemagne et aux Etats-Unis. Sans nier aucunement l’originalité des falsificateurs de l’histoire français (Bardèche tout de suite après la guerre, l’ancien déporté Rassinier ou Faurisson qui introduit l’impossibilité technique de gazer les Juifs), l’ouvrage permet de mettre en lumière des figures bien moins connues chez nous et qui posèrent, en leur temps, les bases du mensonge négationniste : Hoggan et Butz (Etats-unis), Christophersen (Allemagne) ou Harwood (Grande-Bretagne). Les Français n’avaient plus qu’à « surfer sur une vague » dont les remous ont agité notre pays, surtout à partir de la fin des années 1970, début d’une sorte d’ « âge d’or » du négationnisme hexagonal.

Terme créé en 1987 par Henry Rousso pour qualifier ceux qui se définissaient eux-mêmes comme des révisionnistes, les négationnistes forment un ensemble de personnes dont les idées ont pour but de clamer que le génocide des Juifs n’a jamais eu lieu et qu’il ne s’agit que d’un mensonge constitutif du grand complot juif de domination mondiale. Bien que se défendant pour la plupart d’entre eux d’être antisémites, les négationnistes diffusent des messages haineux, sous couvert de recherches pseudo-scientifiques visant à s’en prendre à la communauté juive et à tous ceux qui combattent les idées mensongères qu’ils diffusent.

Toute occasion est bonne pour se mettre en valeur. Outre les évènements politiques ou géopolitiques internationaux, détournés pour illustrer ou prouver leurs théories, ce sont souvent les scandales liés à leurs écrits, discours ou interviews, ainsi que les procès qui leur sont faits, qui ont pu servir de tribunes à ceux hommes et ces femmes, à l’égo surdimensionné. La presse, souvent malgré elle, mais toujours très maladroite, a contribué à diffuser les idées des négationnistes, en leur offrant des droits de réponse, prétextant les règles de la liberté d’expression.

Contrairement à ce qu’on pourrait croire, le négationnisme n’est pas le fait de fieffés idiots, mais bien trop souvent d’universitaires ou de chercheurs qui profitent de leur titre ou de leur place dans un centre de recherche, pour assoir et légitimer leurs idées, installant ainsi encore plus fortement et durablement le doute dans l’esprit de leurs lecteurs ou adeptes. Alors, quand en plus ils bénéficient du soutien d’intellectuels (Noam Chomsky) ou de personnalités publiques (l’Abbé Pierre), l’affaire devient encore plus compliquée pour ceux qui défendent l’Histoire au sens noble du terme.

Véritable encyclopédie du négationnisme, l’ouvrage est un guide indispensable qui doit ouvrir les yeux à tout historien, mais aussi à toutes celles et ceux qui s’intéressent, de près ou de loin à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, des génocides, de la Shoah, et plus généralement aux questions sensibles. Car en effet, on ne s’improvise pas historien. La démarche historique et rigoureuse et appelle une étude précise des documents. L’esprit critique n’est pas la remise en cause systématique de tout ce qui est scientifiquement prouvé et la vérité historique existe, à partir du moment où elle est étayée solidement par les preuves.

Le génocide des Juifs d’Europe en est une. Indiscutable, mais cela ne veut pas dire que la recherche à ce sujet soit complète et close, en témoignent les excellents ouvrages qui paraissent actuellement. Seuls la poursuite de cette démarche et de cette recherche scientifique, couplée à une éducation rigoureuse faite en classe pourra contrer les idées nauséabondes, complotistes et vectrices de haines et de violence de ses « assassins de la mémoire ».